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« El Último Confín » : l’exposition qui relie les derniers chasseurs-cueilleurs de la planète aux origines de l’humanité arrive à La Hospedería

Voyager a toujours été une façon de découvrir de nouveaux paysages, cultures et traditions. Cependant, de plus en plus de voyageurs recherchent plus qu’une simple destination : ils souhaitent comprendre l’histoire du lieu qu’ils visitent, se connecter à son patrimoine et rentrer chez eux avec une expérience qui les a enrichis intellectuellement et émotionnellement.

Cette nouvelle manière d’appréhender le tourisme a fait de la culture et de la vulgarisation scientifique l’un des principaux moteurs du tourisme intérieur. Il ne suffit plus de séjourner dans un hôtel de charme ou de profiter d’une excellente offre gastronomique. Le voyageur actuel veut découvrir ce qui rend un territoire unique, connaître les histoires que cachent ses bâtiments et participer à des expériences capables de transformer sa façon de voir le monde.

C’est précisément l’esprit qui définit La Hospedería Nuestra Señora del Rosario, à El Provencio (Cuenca).

Située dans le bâtiment historique qui abritait la première cave de la Coopérative Nuestra Señora del Rosario, La Hospedería a su conserver l’essence d’un immeuble profondément lié à l’histoire de la localité pour en faire un espace où patrimoine, gastronomie, œnotourisme et culture coexistent naturellement.

Cet été, cet engagement envers la vulgarisation est renforcé par l’arrivée d’une exposition d’un intérêt scientifique et humain extraordinaire : « El Último Confín : Les Ayoreo du Chaco Paraguayen ».

Loin d’être une exposition ethnographique conventionnelle, cette proposition invite le visiteur à entreprendre un voyage qui relie deux territoires séparés par des milliers de kilomètres mais unis par une même question : comment vivaient les premiers êtres humains ?

D’un côté, nous trouvons le Grand Chaco, l’une des régions naturelles les plus méconnues et fascinantes de la planète, où survivent encore certains des derniers groupes indigènes chasseurs-cueilleurs. De l’autre, les importants sites archéologiques du Paléolithique Inférieur et Moyen documentés à El Provencio, qui ont fait de la commune une référence pour l’étude des premiers habitants de la péninsule Ibérique.

La relation entre les deux scénarios peut paraître surprenante. Cependant, elle constitue l’un des grands piliers de la recherche archéologique contemporaine.

Comprendre comment vivent les dernières communautés de chasseurs-cueilleurs permet d’interpréter avec plus de précision les vestiges matériels laissés par nos ancêtres il y a des dizaines de milliers d’années. Ce regard comparatif, développé avec la plus grande rigueur scientifique, est l’essence de l’ethnoarchéologie et le fil conducteur de cette exposition.

Promue par la Mairie d’El Provencio et financée par la Députation Provinciale de Cuenca, l’exposition a été développée par l’ethnoarchéologue Santiago David Domínguez Solera et le cinéaste Dorian Sanz, fruit d’années de travail de terrain, de recherche et de coexistence avec les communautés Ayoreo.

Le résultat est une expérience culturelle qui transcende la simple contemplation d’objets. Chaque pièce exposée invite à comprendre l’extraordinaire capacité de l’être humain à s’adapter à son environnement, à transmettre des connaissances entre les générations et à construire des cultures profondément liées à la nature.

Visiter cette exposition revient, en définitive, à entreprendre un voyage qui commence au cœur du Chaco paraguayen et s’achève en nous aidant à mieux comprendre nos propres origines.

À première vue, il est difficile d’imaginer quel lien peut exister entre une petite municipalité de la province de Cuenca et les immenses plaines du Chaco paraguayen.

Des milliers de kilomètres séparent ces deux territoires, mais la science a démontré que la distance s’efface lorsque l’objectif est de comprendre l’évolution de l’être humain.

L’archéologie travaille à partir de restes matériels : outils en pierre, ossements, foyers, restes végétaux ou traces d’anciens campements. Cependant, interpréter correctement ces indices exige de savoir comment certains comportements humains laissent des traces dans le registre archéologique.

C’est ici qu’entre en jeu l’ethnoarchéologie, une discipline qui étudie les communautés actuelles dont les modes de vie permettent de mieux comprendre certains processus observés dans les gisements préhistoriques.

Elle ne prétend pas affirmer que ces communautés vivent comme le faisaient nos ancêtres. Ce serait une simplification erronée. Son objectif est d’analyser comment des activités telles que la fabrication d’outils, la préparation d’aliments, l’organisation d’un campement ou l’utilisation du feu génèrent des preuves matérielles qui, des milliers d’années plus tard, pourront être étudiées par les archéologues.

L’exposition « Le Dernier Confins » constitue un magnifique exemple de la manière dont la recherche scientifique peut s’adresser au grand public de façon rigoureuse et accessible.

Les Ayoreo habitent traditionnellement le Gran Chaco, un immense territoire partagé entre le Paraguay et la Bolivie, considéré comme l’un des écosystèmes les plus importants d’Amérique du Sud.

Pendant des générations, ils ont développé un mode de vie fondé sur une connaissance extraordinaire de leur environnement.

Chaque arbre.

Chaque plante.

Chaque animal.

Chaque source d’eau.

Tout faisait partie d’un système complexe de connaissances transmis oralement de génération en génération.

Cependant, les Ayoreo ne représentent pas un peuple ancré dans le passé.

Il s’agit d’une communauté pleinement contemporaine qui, au cours des dernières décennies, a dû faire face à de profondes transformations découlant de l’expansion agricole, de l’élevage extensif et de la déforestation du Chaco.

De nombreuses familles ont quitté la forêt pour commencer une nouvelle vie dans des établissements permanents. Parallèlement, certains groupes continuent de vivre en isolement volontaire, devenant l’un des derniers peuples autochtones isolés existant en dehors de l’Amazonie. C’est précisément cette réalité qui fait de leur étude une source d’un immense intérêt pour les anthropologues, les archéologues et les ethnographes du monde entier.

L’une des grandes valeurs de cette exposition réside dans l’authenticité des pièces que renferment ses vitrines.

Loin des reproductions ou des recréations, le visiteur peut contempler des objets originaux utilisés par les communautés Ayoreo dans leur vie quotidienne.

Arcs.

Flèches.

Colliers faits de plumes.

Sacs fabriqués à partir de fibres végétales.

Sandales.

Maracas.

Ustensiles pour produire du feu.

Chacun de ces éléments constitue bien plus qu’un outil.

Ce sont des témoignages matériels d’une façon de comprendre le monde.

En archéologie, on dit souvent que les objets ne parlent jamais d’eux-mêmes.

Ils ont besoin de contexte.

Ils ont besoin d’interprétation.

Ils doivent être observés sous de multiples disciplines pour comprendre réellement l’information qu’ils contiennent.

Un arc ne sert pas seulement à chasser.

Il révèle également des connaissances sur le bois utilisé, les fibres végétales disponibles, la biomécanique, la fabrication artisanale et la relation d’une communauté avec son environnement naturel.

Un sac tissé ne sert pas seulement à transporter des objets.

Il parle aussi d’organisation sociale, d’exploitation des ressources végétales et de transmission des techniques traditionnelles entre générations.

Chaque pièce exposée devient ainsi une fenêtre ouverte sur l’extraordinaire diversité culturelle de notre espèce.

L’exposition est le fruit du travail développé pendant des années par l’ethnoarchéologue Santiago David Domínguez Solera et le cinéaste Dorian Sanz, qui ont vécu avec des communautés Ayoreo et d’autres groupes de chasseurs-cueilleurs contemporains dans le cadre de différents projets scientifiques et audiovisuels.

Leur objectif n’a jamais été de collectionner des objets pour leur valeur exotique.

Bien au contraire.

Chaque pièce fait partie d’un contexte beaucoup plus large construit à partir de la recherche, du respect envers les communautés indigènes et de la volonté de diffuser une connaissance qui reste habituellement restreinte au domaine académique.

Grâce à ce travail de terrain, les visiteurs de La Hospedería peuvent aujourd’hui contempler une collection qui aide à comprendre comment l’observation du présent continue d’apporter de nouvelles clés pour interpréter le passé.

Parler de cette exposition, c’est aussi parler du lieu qui l’accueille.

Car El Provencio n’est pas seulement une destination connue pour sa tradition viticole ou la richesse gastronomique de son environnement. Au cours des dernières années, la commune a acquis une importance significative dans la recherche archéologique grâce aux découvertes documentées sur son territoire municipal, qui ont permis d’approfondir la connaissance des premières occupations humaines du plateau sud.

Les sites du Paléolithique Inférieur et Moyen étudiés à El Provencio constituent un précieux laboratoire pour comprendre comment vivaient nos ancêtres il y a des centaines de milliers d’années. Les recherches menées par les spécialistes ont permis de documenter des outils lithiques, des processus technologiques et des preuves qui aident à reconstruire l’évolution des premiers groupes humains qui ont habité ce territoire.

Cependant, l’archéologie contemporaine ne se limite plus à l’excavation et à la conservation.

Son objectif va bien au-delà.

Elle cherche à interpréter.

À expliquer.

À diffuser.

Et à partager avec la société une connaissance qui appartient à tous.

C’est précisément pour cette raison que l’exposition permanente dédiée au patrimoine paléolithique d’El Provencio trouve un complément exceptionnel dans « El Último Confín : Les Ayoreo du Chaco Paraguayen ».

Alors que les sites nous parlent d’un passé lointain à travers des vestiges matériels, la collection ethnographique permet de comprendre comment certaines activités humaines laissent des traces qui, des milliers d’années plus tard, feront l’objet d’études archéologiques.

Les deux expositions dialoguent entre elles.

L’une apporte la preuve archéologique.

L’autre offre une perspective anthropologique qui aide à interpréter cette preuve sous une dimension profondément humaine.

Le résultat est un parcours d’exposition qui invite le visiteur à réfléchir sur une idée aussi simple que fascinante : pour comprendre qui nous étions, nous devons aussi observer qui nous sommes.

Un pont entre l’archéologie et l’anthropologie

L’un des grands mérites de cette exposition réside dans sa capacité à rapprocher des disciplines scientifiques que le public perçoit souvent comme indépendantes.

L’archéologie étudie les vestiges matériels du passé.

L’anthropologie analyse les sociétés humaines et leurs formes d’organisation.

L’ethnographie documente les modes de vie, les coutumes et les traditions.

L’ethnoarchéologie établit des ponts entre toutes ces disciplines pour comprendre comment certains comportements génèrent un registre matériel qui peut se conserver pendant des siècles, voire des millénaires.

C’est cette approche interdisciplinaire qui donne tout son sens à l’exposition.

Les objets exposés cessent d’être de simples pièces ethnographiques pour devenir des outils de connaissance capables d’élargir notre compréhension de l’évolution culturelle de l’être humain.

Chaque arc.

Chaque flèche.

Chaque sac tissé.

Chaque instrument de musique.

Chaque ustensile pour produire du feu.

Tous nous rappellent que derrière tout objet, il y a toujours une histoire, une technologie, un apprentissage et une façon concrète de se relier à l’environnement.

Il existe des bâtiments dont l’importance transcende leur architecture.

Ce sont des lieux qui font partie de la mémoire collective d’un territoire.

Des espaces où des générations entières ont travaillé, vécu et construit l’identité d’une communauté.

L’ancienne cave de la Coopérative Nuestra Señora del Rosario est l’un de ces bâtiments.

Son histoire commence dans les années 1950, lorsque la croissance de la coopérative a rendu nécessaire la construction d’installations capables de stocker la production viticole des agriculteurs d’El Provencio.

Ces hangars ont été pendant des décennies le cœur économique de la commune.

Des milliers de vendanges sont passées par ses portes.

Des milliers d’histoires personnelles.

Des milliers de journées d’efforts partagés.

La récupération du bâtiment pour le transformer en l’actuelle Hospedería n’a pas rompu avec cet héritage.

Elle lui a donné une continuité.

Transformer un espace lié au travail agricole en un lieu dédié à la rencontre, au repos, à la culture et à la connaissance.

Aujourd’hui, ceux qui franchissent ces mêmes portes découvrent un hôtel quatre étoiles, un restaurant de haute cuisine profondément engagé envers les produits locaux et un bâtiment qui maintient vivant l’esprit avec lequel il est né : être un point de rencontre pour les gens.

L’exposition « El Último Confín » s’inscrit naturellement dans cette philosophie.

Elle n’occupe pas simplement une salle.

Elle fait partie d’un projet beaucoup plus vaste qui conçoit le patrimoine comme un élément vivant, capable de générer de nouvelles expériences et de nouvelles façons de découvrir le territoire.

Un modèle de tourisme qui regarde vers l’avenir sans oublier ses racines

Le tourisme a profondément changé au cours de la dernière décennie.

La qualité d’une destination ne se mesure plus uniquement à la beauté de ses paysages ou au confort de ses hébergements.

Le voyageur actuel recherche l’authenticité.

Il souhaite comprendre l’histoire des lieux qu’il visite.

Il veut connaître l’origine des produits qu’il déguste.

Il est intéressé par la découverte des personnes qui ont habité ce territoire avant lui.

Et il apprécie particulièrement les établissements capables d’intégrer patrimoine, gastronomie, culture et durabilité dans une même expérience.

Ce modèle correspond pleinement à l’identité de La Hospedería.

Celui qui séjourne dans ce bâtiment ne trouve pas seulement un hôtel.

Il trouve un espace où chaque recoin raconte une histoire.

Où la mémoire de l’ancienne cave côtoie la cuisine contemporaine.

Où le vin continue d’être le protagoniste.

Et où la culture devient une partie essentielle de l’expérience de voyage.

L’un des grands attraits de La Hospedería réside dans la manière dont elle parvient à intégrer différentes manifestations du patrimoine sous un même concept.

D’une part, le visiteur découvre l’histoire d’un bâtiment emblématique pour El Provencio.

D’autre part, il peut se rapprocher de la richesse archéologique de la commune et comprendre l’importance des sites paléolithiques étudiés dans la région.

À cela s’ajoute une proposition gastronomique où les produits locaux, la cuisine d’auteur et la tradition de La Mancha dialoguent naturellement.

Et tout cela sans oublier le lien profond que le bâtiment entretient avec la culture du vin.

Nous ne devons pas oublier que ces installations sont nées pour abriter la première cave de la Coopérative Nuestra Señora del Rosario, à l’origine d’une tradition viticole qui fait toujours partie de l’identité de la commune.

Chaque séjour à La Hospedería permet de parcourir cette évolution.

De l’effort des agriculteurs qui ont impulsé la coopérative dans les années 1950 à la création d’un espace où patrimoine, gastronomie, œnotourisme et culture coexistent en parfaite harmonie.

Peu d’endroits parviennent à offrir une expérience aussi complète.

Une expérience où le visiteur peut commencer la journée en découvrant une exposition scientifique, continuer en profitant de la richesse patrimoniale du bâtiment et terminer la journée en dégustant une proposition gastronomique inspirée des saveurs du terroir. Cet équilibre constitue précisément l’une des grandes valeurs différentielles de La Hospedería.

Il existe des expositions qui éveillent notre curiosité.

D’autres nous permettent de contempler des pièces d’une immense valeur historique.

Et certaines, très peu, parviennent à modifier la façon dont nous comprenons le monde.

« El Último Confín : Les Ayoreo du Chaco Paraguayen » appartient à cette dernière catégorie.

Sa véritable valeur ne réside pas uniquement dans l’authenticité des objets qu’elle présente ni dans l’extraordinaire travail de recherche développé par Santiago David Domínguez Solera et Dorian Sanz. Ce qui est réellement pertinent, c’est la conversation qu’elle établit entre des cultures, des territoires et des époques apparemment déconnectés.

Grâce à cette exposition, nous comprenons que l’histoire de l’humanité ne peut pas être interprétée uniquement à travers les vestiges archéologiques.

Elle doit aussi observer comment certaines formes de vie ont réussi à conserver des connaissances ancestrales qui aident à interpréter notre passé avec une perspective beaucoup plus large.

Son installation à La Hospedería Nuestra Señora del Rosario renforce également le rôle que ce bâtiment joue en tant que référence du tourisme culturel en Castille-La Manche.

L’ancien cœur de la première cave coopérative d’El Provencio continue d’être un lieu de rencontre.

Avant, c’était pour les agriculteurs et les viticulteurs.

Aujourd’hui, c’est pour les voyageurs, les chercheurs, les amateurs de gastronomie, de vin, de patrimoine et de culture.

Dans ses murs cohabitent la mémoire des vendanges, l’excellence gastronomique, la tradition viticole et la vulgarisation scientifique.

Tout cela fait de la visite de cette exposition bien plus qu’un simple parcours entre vitrines.

Cela signifie découvrir comment une petite commune de la province de Cuenca a su transformer son histoire en une expérience capable d’émouvoir, d’enseigner et de susciter de nouvelles questions sur nos propres origines.

Car, après tout, comprendre les derniers chasseurs-cueilleurs de la planète nous aide aussi à comprendre une partie essentielle de nous-mêmes.